Vendredi 21 mars 2008

L'instituteur de Jean Dell


Bon voilà un sketch du comédien Jean Dell, "L'instituteur", qui me semble bien correspondre à l'actualité brûlante du moment.
A écouter, à méditer et peut-être aussi à s'autoriser à rire...
De toutes les façons c'est le week-end et pour certains les vacances d'hiver, donc, on devrait avoir un peu moins de gifles dans les établissements scolaires.

Pour écouter le sketch, c'est ici en cliquant
sur l'enfant roi.

 enfant roi

 


 

Toute plaisanterie mise à part, j’ai bien peur que cet excellent sketch n’élève son brillant auteur au rang de visionnaire.
En enregistrant ce texte, Jean Dell se doutait-il que sa fiction burlesque allait prendre aussi rapidement les chemins de la réalité ?
L’actualité lui donne une réponse sans équivoque.
Et au milieu des éclats de rire qu’il déclenche, ceux du corps enseignant prennent une coloration jaunâtre et des allures de rictus. Et on peut le comprendre.


Car s’il est une corporation qui se trouve de fait en première ligne de ce cancer social qu’est l’avènement du règne de l’enfant roi dans nos sociétés futures, c’est bien celle-ci.
Malheureusement le mal est déjà profond et les invraisemblances auxquelles nous assistons sans réagir vont inévitablement en entraîner d’autres qui risquent bien de franchir allègrement les barrières de l’entendement.
Aller coller un prof et ses 30 ans de carrière irréprochables en garde à vue pour une gifle assénée à un morveux de 11 ans mal élevé, voilà un scénario que le plus minable des réalisateurs de la plus minable des fictions de la plus minable des chaînes grand public, n’aurait pas osé mettre en scène.

Ceux qui croyaient avoir tout vu en seront pour leur frais.
Donner du crédit à des parents qui s’indignent de voir les copies de leur progéniture corrigées à l’encre rouge "traumatisante", qui voient une stigmatisation raciale dans l’utilisation des mots "tableau noir", ou qui exigent le vouvoiement à l’endroit de leur rejeton de 8 ans, dénote de la plus morne des conneries, et en dit long sur l’aliénation collective que ce culte de l’enfant est en train de générer dans notre société.
Dans le même registre, 2007 a vu une recrudescence spectaculaire des présentations en conseils de discipline assistées de l’avocat de la famille, sans que personne n’ait l’air de s’en étonner.


C’est devant des dizaines d’aberrations de ce type toutes plus insensées les unes que les autres, et malheureusement quotidiennes, que nous nous sommes laissé glisser mollement dans cette forme de résignation dans l’absurde et la démesure qui prêterait à rire si les traces qu’elle commence à laisser ne devenaient pas inquiétantes.
Nous marchons sur la tête ? Qu’à cela ne tienne…
Faire marche arrière serait un aveu cuisant de cette dérive vers l’irrationnel dont personne ne veut entendre parler, surtout pas les politiques et encore moins les parents.


Fourrer ou non un téléphone portable dans le cartable de nos tètes blondes dès le CM1, veiller à ce qu’ils aient bien aux pieds la dernière Nike qui les mettra à l’abri des railleries et de la dictature des marques, palabrer inlassablement sur des repas scolaires qui tiennent compte des caprices et des appartenances communautaires de chacun, s’interroger sur la possible confusion que pourrait faire naître la symbolique du sapins de Noël sous un préau, voilà qui en va de leur équilibre futur !

Que leur niveau scolaire glisse lentement vers ce qui se fait de pire en en Europe n’est visiblement qu’accessoire.
Mon fils est intelligent et bien élevé, que l’administration fasse son travail !


Jusqu’ou ira cette dérive protectionniste qui enferme nos enfants dans des cocons et qui les surprotége de réalités qu’ils prendront tôt ou tard en pleine gueule ?.. L’interminable liste des incohérences dont nous avons fait des principes nous ont amenés à sacraliser l’enfant au point de lui faire croire que le reste du monde est à la disposition de ses humeurs, croyances et goûts tout en l’exonérant totalement de renvoyer aux adultes les valeurs qu’il exige d’eux.

Et en famille, le schéma n’est pas différent.

Chez combien de gosses les mots "respect" et "politesse" sont devenus des revendications plutôt que des devoirs ?
Dans combien de famille la question : "as-tu été sage à l’école aujourd’hui ?.." est remplacée par : "la maîtresse a été gentille avec toi aujourd’hui ?.." ?...


Combien de fois entend t-on : "Que veux-tu manger?" à la place de : "Viens manger" ?...

Combien de fois : "Je veux une Nintendo DS" remplace : "Je voudrai une Nintendo DS" ?...


La débauche d’études sociologiques et d’ouvrages de pseudo psychiatres dénonçant, qui la punition, qui la fessée et vantant les mérites de l’épanouissement de l’enfant par l’expression débridée des facettes de sa personnalité, si excentriques soient-elles, n’a pas manqué de contribuer à ces dérives.

A force de faire croire à des générations entières de parents qu’une taloche les assimile immédiatement à d’inqualifiables tortionnaires, ou qu’une punition inadaptée peut faire de leurs mômes des polytraumatisés, nous assistons à des situations de plus en plus ubuesques dans lesquelles des familles entières fonctionnent selon les commandements, exigences et dictats d’un seul gamin, qui lui, a parfaitement compris ou se trouve son intérêt.

C’est bien ce qui pend au nez de ce papa gendarme, qui, non content d’avoir si bien élevé son môme qu’il en insulte ses professeurs, se permet de faire intrusion dans l’école en uniforme et de faire étalage des principes de sa justice à lui, qui apparemment ont eu du mal à dépasser les bords de son képi.
Voilà un gamin mal poli et mal élevé de plus, à qui on vient de faire passer le message que ses agissements, quels qu’ils soient, seront cautionnés, et que les limites de ses débordements futurs seront extensibles à merci.

Quand ce père subira à son tour les excès comportementaux détestables que son idolâtrie paternelle aura fait naître chez son fils, peut-être regrettera t-il de ne pas avoir laissé à cette baffe malencontreuse, la dimension qu’elle n’aurait jamais du cesser d’avoir.
Celle d’un incident entre un garnement grossier et un prof excédé qui aurait du se régler entre "belligérants" et à huis clos dans un bureau de l’établissement.

Triste société, tout de même, qui en est arrivée à propulser la taloche d’un adulte sur la joue d’un morpion de 11 ans, à la une de tous les journaux nationaux !


Si toutes celles que j’ai ramassées avaient subi le même traitement, j’aurai probablement mon nom placardé sur tous les murs.

Eric
 



un répondeur d'école :
Voici le message du... *répondeur scolaire* :
' Bonjour et Bienvenue dans l'école de votre enfant. Dans le but de mieux répondre à vos besoins et de vous permettre de parler à la bonne personne, veuillez écouter le menu suivant avant de faire votre sélection :
- Pour vous plaindre de la cantine, *faites le 1*.
- Pour vous plaindre du transport scolaire, *faites le 2*.
- Pour mentir au sujet de l'absence de votre enfant, *faites le 3*.
- Pour excuser le fait que votre enfant n'a pas fait ses devoirs,*faites le 4*.
- Pour vous plaindre de ce que nous faisons, *faites le 5*.
- Pour vous plaindre de ce que nous ne faisons pas, *faites le 6*.
- Pour demander la démission d'un ou de plusieurs enseignant(s),*faites le 7*.
- Pour demander que votre enfant change d'enseignant pour la 3ème fois cette année,
*faites le 8*
 


Agréable journée à vous ! 

Si vous êtes rédacteur en chef, directeur de revue ou de magazine divers, sachez que je me tiens à votre disposition pour la rédaction de toutes chroniques ou piges sur demande.

Rédige aussi dossiers de documentations diverses, articles de presse pour professionnels ou particuliers.  Tout travaux d'écritures sur demande.

Me contacter pour plus de renseignements.


Claude Cotard

Merci.



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Commentaires (1)

Petite Fée Véronique
  • 1. Petite Fée Véronique | 21/03/2008

Ben comme on dit : Y a des claques qui se perdent... on en prenait et ça nous a pas rendu bossu... je dirais même que ça nous aurait plutôt redressé, lorsqu'on penchait du mauvais côté !!!!!!!!!! parfois... souvent !!!!!!

Je ne suis pas spécialement pour les punitions "corporelles" et j'ai toujours essayé de discuter avec mes enfants, avant de prendre d'autres mesures... mais y a des limites tout de même, à ne pas dépasser... et ne pas tomber dans le laxisme total...

Les enfants, tout comme les adultes ont besoin à mon avis de barrières, c'est aussi notre rôle de parents que d'en mettre sur le chemin, aux bons endroits... ces barrières, sans aucun doute, serviraient aussi à l'école... et éviteraient les débordements...

Quand à la "connerie" de certains adultes... ben, tout le monde sait que c'est la seule chose qui est infinie dans ce monde, et qui plus est, incurable !!!!!!!!!!!!!!!

Bon week-end de Pâques quand même...
Amtiés
d'une petite fée...

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