Jamais sans mon psy.

Jamais sans mon Psy.

Comment réagir quand notre psy annonce subitement son départ à la retraite ?

Ce récit romanesque est une anticipation. L'histoire se déroule en 2037. Le jour de son anniversaire, une dame de 88 ans livre en confidences à ses petits enfants, Charles et Lugna, la façon dont elle a survécu au départ à la retraite de son psychiatre. De l'amertume à l'amour, de l'amour à l'amertume, elle lui reprocha toute sa vie le fait qu'il l'ait abandonnée en pleine thérapie. Malgré tout, ses sentiments forts la domineront et elle vivra toujours avec lui d'une façon bien singulière.

S'allonger sur un divan et parler à son psy... Certains voient en lui la clé de la sagesse. D'autres la cause de leur malheur. A chacun sa petite recette pour trouver la paix intérieure. Celle de l'auteure avait des ailes. La paix de son âme se trouvait dans son coeur et aussi dans ses rêves. Son imagination nous entraîne dans une féérie romantique et poétique
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Jamais sans mon psy.
Michèle Mialot

Edition de la morelle
ISBN : 978-2-917612-12-5
http://www.editionsdelamorelle.com/

Petit extrait :

Lugna redresse mon oreiller de plume et le cale confortablement dans mon dos. Cette jeune fille est jolie comme un coeur. Elle est née de l’union de mon fils Patrick et de ma bru Liliana, brésilienne. Son regard est de braise, comme celui de ses parents. Elle étudie très bien en classe et se prépare à embrasser la profession de vétérinaire. Ce soir, elle est vêtue d’un pantalon de toile noir et d’un chemisier rouge noué sur le torse. Ses longs cheveux bruns, retenus par un ruban de satin blanc, tombent sur sa nuque avec un négligé plein d’élégance.
Le feu de branches mortes commence à s’éteindre doucement. Charles dépose dans l’âtre deux petites bûches de chêne, afin de le ranimer. L’ambiance n’en sera que meilleure. Charles est le fils de ma fille Nadine et de son mari Marc. Son visage est beau et viril. Il est très grand. 1 mètre 82. Il pourrait laisser penser qu’il est déjà entré dans le monde des adultes, tant il est mince et élancé. Ses cheveux sont bruns, très courts, jetés en arrière, brillant soyeusement sous la lueur des flammes. Il vient d’obtenir son BAC de français. Il n’a pas encore choisi la profession qu’il désire exercer, mais, tout comme moi, je sais qu’il aime la littérature. Ce soir, il est vêtu d’un jean bleu et d’un pull blanc à col roulé. Les manches sont cent fois trop longues. Il les relève constamment, comme dans un signe d’impatience.
Mes petits-enfants attendent patiemment le récit de mon histoire d’amour peu ordinaire.
Mon fauteuil est installé entre la porte-fenêtre et la cheminée de marbre noir surmontée d’un grand miroir rectangulaire, face au tableau représentant le Général de Gaulle. Peinture réalisée par mon fils Patrick. Mon fils, connaissant mon admiration sans borne pour le Général, avait peint ce précieux tableau pour mes 50 ans. J’aime le Général. Mon psy lui ressemblait un peu physiquement. Il lui ressemblait même sur plusieurs points. Peut-être pas les oreilles. Non, mon psy, du plus loin que je me souvienne, les avait un peu moins grandes. Mais il avait l’ouïe fine. Sa chevelure abondait en une touffe blanche, plus épaisse que celle du Général. Son visage était aussi austère, sans les moustaches. Tant mieux. Je n’ai jamais aimé les moustaches. Puis il avait l’âme militaire, autant que notre grand Général. Mon psy, a toujours été mêlé à mes souvenirs. Mais rien n’est plus difficile de peindre un homme que l’on connaît trop bien. Ressemblait-il vraiment à Charles De Gaulle ?
Ce soir, je suis revêtue d’une robe de soie noire, agrémentée d’un col Claudine de dentelle blanche. Un beau de collier de perles fines orne mon cou. Des chaussons molletonnés, un peu trop petits. Mes pieds peut-être sont gonflés. J’ai tant marché dans ma vie ! Mes cheveux sont toujours coiffés court. Ils sont devenus tout blancs, comme ceux de l’homme qui va alimenter mon récit ce soir. Mon visage est sobrement recouvert d’une poudre compacte. Mon regard, légèrement vitreux, est chargé de souvenirs que je vais déposer bientôt dans le cœur de mes petits-enfants, comme on range des bijoux précieux dans un écrin. Sur la table basse du grand salon, trois tasses de tilleul menthe, posées sur un plateau doré. Le sucrier de porcelaine de Limoges regorge de sucre. A ma droite, surgissent, altières, mes trois bibliothèques bondées de livres. Le sel de ma vie. Mes trésors inestimables. Ma richesse. Balzac, Baudelaire, la Fontaine, Hugo, Buffon, Gœthe, Deforges… des volumes écornés, ou débrochés, à force d’avoir été lus et relus.
Plus un bruit dans la petite villa, seul le feu crépite et le vent frappe à la porte. Le grand salon est faiblement éclairé par une lampe halogène et par la lueur des flammes qui dansent dans l’âtre. Quelques bâtons d’encens brûlent, diffusant dans l’atmosphère des senteurs apaisantes, enivrantes... Une ambiance ouatée nous invite à la confidence. Charles et Lugna sont assis sur le tapis Persan, près de moi, en tailleur. Leurs bras entourent leurs genoux. Dans un profond silence, leurs yeux implorent le début de ma LOVE STORY.

 

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