Interview pour Vibration FM

Interview pour Vibration FM (Sud Radio Groupe).

18.09.2017 / Journaliste : Sylvia. G

 

  • Claude, je tiens avant tout à vous remercier de m’accorder cette intervier !

Mais je vous en prie, merci à vous !

  • Vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

C’est assez simple en fait. J’ai toujours eu une grande imagination, déjà dans ma petite enfance, dès 7 ou 8 ans. J’inventai des histoires que je racontais aux copains de récré, à l’école. Ensuite, plusieurs personnes m’ont conseillées d’écrire, ce que j’ai finir par faire, bien longtemps après la première de ces personnes, Auguste Lebreton.

  • Votre enfance, Connaissiez-vous des écrivain(e)s dans votre entourage familial ? Des artistes ?

Oh dans la famille, non, aucun artiste, que je sache ! Bien plus loin, parmi mes ancêtres oui, des peintres surtout, comme FrançoiseCotardmais des écrivains non.

  • Êtes-vous un grand lecteur ? Quels sont les livres qui vous ont façonné, fabriqué ? Et quels sont ceux qui vous accompagnent aujourd’hui ?

Je lis beaucoup oui, surtout des biographies, des histoires vraies, vécus.Moins des romans. Des livres qui m’ont façonné ? Je pense surtout à un, qui a un en particulier, « Les hauts murs », d’Auguste Lebreton. Pour la première fois, je retrouvais l’univers qui était le miens, dans un livre. Celui des enfants des maisons de correction. Je devais avoir 8 ou 9 ans quand je l’ai lu. Aujourd’hui, je lis surtout des témoignages de vie, des parcours.

  • Est-ce que vous aspiriez à vivre de votre plume ?

Non jamais ! Les écrivains qui vivent de leur plume, et cela de tout temps, se comptent sur les doigts d’une main ! Alors non.

  • Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ?

Dans la journée, mais tous les jours !

  • Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ?

Ah si ! J’ai besoin d’écrire quasiment tout les jours. Je suis en manque si je passe une journée sans écrire. En tout cas, sans travailler à mon prochain livre au moins mentalement.

  • Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ?

Longtemps non jamais ! Je ne me souviens pas d’avoir passé plus de 3 jours sans écrire. C’est un besoin vital, en tout cas pas depuis que j’ai commencé il y a une quinzaine d’années.

  • Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Oui tout à fait, j’ai mon bureau, au calme. J’ai besoin de beaucoup de calme pour écrire, ne pas être sans cesse dérangé. Ma compagne le sait d’ailleurs. Quand j’écris, je suis dans ma bulle, absent pour presque tout le reste. J’adonc cette chance d’avoir une compagne qui le comprend, qui gère… (Rire)

  • Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

Comme je viens de vous le dire, je suis dans ma bulle ! Concentré, dans mon livre et non plus dans le présent, dans la pièce où j’écris…

  • Que représente l’écriture pour vous ?

Une bulle d’oxygène ! Un besoin vital de dire des choses, de raconter une histoire. Sans l’écriture, je pense que je me sentirai perdu. Je peux dire, oui, que c’est une passion, parfois dévorante, une amante presque fusionnelle. J’aurai bien du mal à m’en passer. Mission impossible pour moi !

  • L’écriture est-elle chez vous une seconde peau ? Êtes-vous constamment en éveil ? Prenez-vous beaucoup de notes ? Vous astreignez-vous à une régularité ?

Constamment en éveil, absolument ! Je suis un peu comme une éponge. Je vie le quotidien, mais toujours réceptif à une pensée, à une idée qui peut surgir. En regardant les gens, en les écoutants, en étant ouvert à la vie autour de moi ! Quand à prendre des notes, c’est assez rare. J’ai une assez bonne mémoire des faits, des situations. Maintenant, la nuit, il m’est arrivé de me lever à 3 ou 4 heures du matin pour prendre note d’une idée qui m’est passé par le rêve. Pour ne pas oublier. Beaucoup de mes livres sont nés de ces notes nocturnes d’ailleurs ! Enfin pour la régularité oui, mais ce n’est pas une astreinte, C’est un besoin, encore une fois. Ecrire, autant que ce peut, tous les jours !

  • A quoi attribuez-vous le fait d’être polygraphe ?

Ca peut paraître prétentieux, mais je dirai un don ! Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours été très curieux de tout. Sauf à l’école ! Curieux de la vie, de tout ce qui touchait à la culture. J’ai toujours eu cette soif de connaître, de découvrir, de comprendre. Et aujourd’hui, enfin depuis que j’écris, si un sujet m’interpelle, je creuse, j’approfondis, et puis j’écris dessus. Je n’ai pas d sujet tabou… Enfin jusque là !

  • Vous n’étiez pas un bon élève ?

Oh non ! Plutôt cancre ! Mais ce que j’avais envie de connaître, moi, d’apprendre, ce n’est pas à l’école qu’on me l’enseignait ! Moi j’aimais apprendre la nature, la vie. Aussi, j’ai souvent fais l’école buissonnière pour aller trainer dans la nature, près des canaux, le long de la Seine, à regarder les gens, les écouter, discuter avec…  Au zoo aussi, j’y allais souvent, ou dans les parcs, voire les fleurs, dans les bois, Vincennes ou Boulogne… La nature, la vie. Avec un grand besoin d’être à l’air libre ! Peut être un peu claustrophobe… (Rire)

  • Vous avez publié plus vingt ouvrages sur des thèmes très différents, adoptant plusieurs genres littéraires. En général, Où trouvez-vous l'inspiration pour vos histoires ?

La principale aspiration me vient en dormant. Comme si quelqu’un, dans un autre monde, me transmettait cette inspiration ! Elle me vient aussi en regardant la vie, les gens, en les écoutants… Par mon vécu aussi, mes expériences de vie…

  • Avant la sortie de votre roman « De vie à trépas », qui traite d’un thème plus particulier que vos autres romans, aviez-vous eu peur de la réaction de vos lecteurs ? Ces réactions sont-elles positives ?

Après, peur non, aucune raison. J’assume ce que j’ai écrit. Et, les réactions que j’ai jusque là sont très positives ! Les lecteurs qui l’ont lu me font savoir que ce livre leur a fait beaucoup de bien ! Alors, je suis comblé !

  • Votre dernier livre, « On n’est pas un héros quand on meurt à 20 ans » a pour thème la guerre d’Indochine. Avez-vous voulu faire passer un message, réveiller les consciences, ou simplement raconter une histoire comme une autre ?

Ah non, pas de message à faire passer ! Encore un livre, une biographie qui me vient d’inspiration nocturne, si on peut dire, puisque ce n’est pas une fiction. J’ai juste voulu rendre hommage à mon oncle, le frère de mon père, qui est mort à 20 ans en Indochine. En tout cas disparu, puisqu’on n’a jamais retrouvé son corps. Réveiller les consciences ? De quoi ? Que l’homme peut être capable du meilleur, mais aussi, et surtout être le pire des prédateurs que la terre ai jamais portés ? Mais ça, il suffit de regarder les infos, le soir à la télé, pour en être convaincu ! Il n’y a que les autruches pour en douter… Je voulais juste rendre hommages à ces jeunes qui avaient 20 ans et ne sont jamais revenu, pour avoir lutté au nom de la gloire, de l’honneur d’une France qui se foutait bien de leur sacrifice, qui plus est cinquante, voire soixante ans plus tard. Pas qu’en Indochine d’ailleurs, en Algérie, ça a été la même chose ! Des tas de jeunes de vingt ans n’en sont jamais revenus ! La question, cela valait il vraiment la peine, quand on sait comment les choses tournent aujourd’hui !

  • J’imagine que vous avez effectué un gros travail de documentation, comment cela s’est-il passé ?

Comme pour tout mes livres. Je suis documentaliste à la base, et c’est un des moments que je préfère, la recherche. Dans ce cas là, j’ai simplement commencé par demander une copie des états de service militaire de mon oncle, au centre des archives militaires à Vincennes. Plus quelques contacts avec plusieurs associations d’anciens d’Indochine… Et de fil en aiguille…

  •  Il y a souvent des liens entre vos romans. Par exemple, les prénoms Clovis, Hugo… Pourquoi cette connexion ?

Ah oui. Ca, c’est autre chose. Ca c’est un petit plaisir personnel, comme Francis Veber, avec Perrin et Campana (la chèvre et la plupart des héros de ses films). Pour être plus précis, Clovis et Hugo sont deux prénoms que j’aime particulièrement pour divers raisons…

  •  Vous inspirez vous de personnes de votre entourage ou de votre vécu pour créer vos personnages ? 

Dans mes romans, un peu des deux, c’est souvent indissociable ! Pas forcément de mon entourage proche, mais de gens croisés dans le passé, ça arrive oui. Dans le présent, c’est bien plus exceptionnel, mais c’est arrivé une fois ou deux. Ainsi, dans « Mauthausen », il y a un personnage du nom de « Simonetka », que m’a inspiré ma compagne… Au moins pour le nom.

L’écriture est une nécessité. Écrivez-vous toujours dans cette urgence ? Est-ce par période ou au quotidien ?

Dans l’urgence non, du fait que je suis mon propre patron. Mais écrire relève plutôt du quotidien. Le besoin d’écrire tout les jours. C’est effectivement une nécessité, que je ne m’impose pas, puisque c’est elle qui s’impose à moi, à mon plus grand plaisir !

  • Comment entamez-vous l'écriture de vos romans : faites-vous un plan ? Savez-vous dès le début comment l'histoire va se terminer ?

Ecrire demande un minimum de discipline et de technique ! Dès lors, il est important d’avoir un plan minimum pour ne pas se perdre. Mais, cela me prends assez peu de temps vu que, dans mon cas personnel, j’ai tout ce dont j’ai besoin en tête. Les décors, les personnages, les lieux et les faits. Ensuite, je fais beaucoup de recherches de documentations.  C’est essentiel pour moi car, la documentation en appuis à mon récit, c’est un peu ma signature qu’on retrouve dans tous mes livres, romans ou pas. Maintenant, je ne sais pas toujours comment l’histoire va se terminer, tout au moins pour mes romans. J’aime me laisser guider par le fil du récit. Avant d’être auteur, je suis d’abord le lecteur de mes propres livres, de mes propres écrits.

  • Les drogues et l'alcool sont les carburants de la créativité pour les artistes. Qu'en pensez-vous ?

Oh ça, pour moi c’est une légende… Je connais nombre d’écrivains, d’artistes, peintres, ou autre, mais aucun qui ait besoin de s’adonner à ces expédients pour créer réellement ! Quand on créer, on doit avoir la tête bien claire pour bien voir le monde que nous créons, dans lequel nous voyageons. Il y en a surement qui fonctionnent ainsi, ivres ou camés, mais je n’en connais pas ! Peut être dans le passé, fort probablement oui ! Mais, pour moi, le seul carburant, c’est la vie elle-même ! Or, l’abus d’alcool, la drogue, c’est tout l’opposé. C’est la mort ! Et je dois me sentir bien vivant pour écrire !

  • Vous est-il déjà arrivé de souffrir du syndrome de la page blanche ?

Non, mais simplement parce que j’ai une technique bien personnelle. J’écris en principe deux ou trois livres dans la même période, avec des sujets assez différents. Ainsi, si je suis en panne sur un sujet, je passe à l’autre, et inversement. Il y a toujours un des deux ou trois qui m’inspire.

  • Combien de temps mettez-vous à écrire un livre ?

C’est assez variable ! Tout dépend du sujet. Certains de mes livres ont été assez vite écrit, mais ont du mûrir des années… Certains m’ont demandés beaucoup de recherches et de documentations. Un des derniers « Et pourtant, nos regards se sont croisés », m’a demandé au moins 4 ans. Un autre, « De vie à trépas » à été crée en un mois. C’est très variable. En général, je dirai que j’écris, en moyenne, un livre par trimestre.

  • Combien de temps passez-vous par jour, en moyenne, à écrire ?

Là encore, c’est assez variable, mais disons entre 5 et 8 heures, si je ne suis pas importuné (rire).

  • Que ressentez-vous après avoir terminé un livre ?

Un peu comme un accouchement, tout au moins sur le plan masculin.  C’est un nouveau bébé qui arrive, qui est là ! Donc, une grande joie !

  • Quels sont vos projets à plus ou moins court terme ?

Alors, comme je vous l’ai dis, j’ai toujours deux ou trois livres en cours, en préparation. L’un d’eux est un recueil de poèmes. Un second est une série du style brève de comptoir, avec Raoul, Simone… Mais avec des textes qui ne seront pas vraiment brefs. D’ailleurs le titre, déjà choisis, sera « Les mousquetaires du zinc », ce qui évoque un peu le style. Pour les autres, dans mes tiroirs, je vais attendre un peu avant de les évoquer… (Rire).

  • Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos auditeurs rêvant de devenir écrivain ?

Oh les conseillers ne sont pas les payeurs ! Enfin si, quelques uns : tu as envies d’écrire ? Lance-toi ! Ecrits d’abord pour toi, pas pour les autres...

  • Merci encore à vous pour cet interview Monsieur Cotard !

C’est moi qui vous remercie !

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