Pour radio Mouvance:


Interview de Claude Cotard

À propos de "L'inaccessible étoile "
Pour radio Mouvance: Jean-Marc Blondini
22 Avril 2008

JMB— comment en êtes-vous arrivé à l'écriture ?
CC— Dès l'enfance, j'ai toujours eu beaucoup d'imagination, mais ça se traduisait de façons orales.
Je racontais mes histoires que j'inventais en improvisant, aux copains.
Un jour, l'écrivain Auguste Le Breton fut témoin d'un de mes récits. Il m'encouragea alors à ne plus me contenter de créer de façons orales, mais d'écrire.
Simone de Beauvoir, une voisine lorsque j'habitais Saint-Germain-des-Prés, me donna le même conseil.
Mais c'est beaucoup plus tard que j'ai pu réaliser ce désir qui ne m'avait plus quitter, écrire.


JMB— Pourquoi vous y mettre si tard ? De Beauvoir ne vous lira jamais !
CC— La vie qui à fait que... quand on a une famille à nourrir, on passe à l'essentiel.Les éditeurs, devant le coût de fabrication et de promotion d'un livre sont très frileux lorsqu'il s'agit de "lancer " de nouveaux talents ou de nouveaux auteurs. En conclusion, disposer de suffisamment de ressources issues de ses livres pour vivre est un luxe réservé à peu de personnes.

JMB—D'autres ressources sont-elles nécessaires aux écrivains pour vivre financièrement parlant ?
CC— Oui évidemment, les écrivains doivent disposer d'autres ressources complémentaires pour vivre, voire éditer eux-mêmes leurs propres ouvrages.
En règle générale, les auteurs pratiquent toutes sortes de métiers à côté, de l'ouvrier au professeur des écoles.Je n'en ai jamais connu qui ne vivaient que de leur plume, même à travers les siècles.


JMB— Quels sont les avantages et les inconvénients de l'édition à compte d'auteur ?
CC—Les avantages sont de disposer tout d'abord d'une grande liberté de mener à terme une expérience d'écriture, de donner vie à un livre et de pouvoir ainsi échanger avec des lecteurs. Les inconvénients en sont principalement le coût de fabrication, mais surtout une grande difficulté de diffusion de l'ouvrage, et une reconnaissance très difficile à acquérir.Les médias ne s'intéressent pas aux auteurs qui oeuvrent en compte d'auteur. Il y a comme un monopole réservé à une élite qui appartient aux grosses maisons d'édition réputées, Gallimard, Laffont, etc. Et pourtant, les auteurs du libre contient en son sein une pépinière de talents!

JMB— À quel genre littéraire estimez-vous appartenir, parce que vos sujets sont assez hétéroclites ?
CC—Un genre ? Je suis moi, et je mets dans mes livres ce qui me touche, me fait rire ou m'émeut. Pour le moment j'aurai du mal à dire appartenir à un genre particulier. Je suis polygenre pour le moment... rire

JMB— vous n'avez pas peur que vos lecteurs ne vous suivent pas ?
CC— Pas sur non, les lecteurs ne lisent pas qu'un genre, ne s'intéresse pas qu'à un genre, même si certains sujets ne les touchent pas. Mais le temps fera que je prendrais naturellement la route d'un genre littéraire particulier. Pour le moment je rattrape mon besoin d'écrire, mais je ne me vois pas écrire quelque chose qui serait opposé à ce que je suis.

JMB— Que vous évoque l'oeuvre publiée ? Et dans quelle circonstance a-t-elle vue le jour ?
CC— C'est mon enfance, mon adolescence. Un trait tiré sur le passé. Je tourne la page et j'avance. C'est un fardeau trop longtemps porté, mais enfin déposé.

JMB—Comment l'inaccessible étoile a vu le jour ?
CC—Un jour j'ai décidé de participer à une émission de RTL.TVI, "signe de vie ". Émission qui permettait à des gens qui s'étaient perdus de vue de se retrouver.J'avais une soeur, Pierrette, perdu de vue depuis plus de 20 ans, alors je me suis inscrit.
Les réalisateurs, pour retrouver Pierrette firent une enquête, sur ma vie, la sienne.
Ils l'ont retrouvé, et moi de même donc.
Par la suite, un des producteurs me proposa d'écrire mon histoire qu'il avait découverte à travers l'enquête.La production l'éditerait. Je m'y suis donc mis.
Le projet ne s'est pas fait suite à un changement de direction, mais le livre était écrit.
Comme beaucoup de choses dans ma vie, c'est un concours de circonstances.


JMB—Pourquoi ce titre ?
CC—Le titre évoque bien sur la chanson bien connue de Jacques Brel : "La quête ". Je trouve que cette chanson correspondait tout à fait à mon histoire et à ma personnalité.

JMB— Cette œuvre est-elle un reflet de vous-même ?

CC— Tout a fait. Elle est le récit de ce qui m'a conduit à être ce que je suis aujourd'hui, avec ma personnalité parfois complexe.C ' est mon histoire, ma vie.

JMB— Bien qu’ayant des passages très émouvants et durs, votre livre ne tombe jamais dans le cynisme, encore moins l’aigreur...
CC— Je ne sais pas si les gens aimeront le livre. Mais une chose que personne ne pourra jamais me reprocher, c’est le manque de sincérité. J’ai toujours été moi-même, dans chaque mot. À chaque phrase. Il n’y a ni gloriole, ni calcul, ni rien de tout ça. Juste de l’émotion brute, c'est ce que j'ai vécu et la façon dont j'ai ressenti les choses.
Sur l'autobiographie, le malentendu est toujours total. Penser que l'authenticité des faits ajoute ou enlève quoi que ce soit à un livre, cela me paraît être une démission par rapport à la littérature, mais pour ma part je me suis efforcé de raconter les faits avec le plus d'exactitude possible, j'ai eu recours pour ça à de nombreux témoignages et souvenirs d'époque, de proche ou de gens qui ont croisé ma vie durant ces périodes, notamment les anciens de la maison de correction et que j'ai retrouvé il y a quelques années dans une association. Il y a des choses dont je ne suis pas fier, mais j'assume parce que je les ai faites.


JMB—Vous ne dites pas tout en ce qui concerne votre période dans le milieu ?
CC— Non (rire), peut être quand il y aura prescription, mais je n'ai jamais tué ni violer si ça peut vous rassurer, encore moins touché à la drogue, n'oubliez pas que j'ai été élevé avec la mentalité des anciens...  (rire)

JMB— Niveau femmes, vous avez quand même visité tous les continents ! Il y a une telle différence ?
CC—Oui tout de même, selon la culture et la personnalité de chacun en tant qu'amant.

JMB— Vous pouvez expliquer ça ?
CC— Disons que pour ma part, les asiatiques et les Indiennes sont les plus sensuelles, les plus douces. Les Africaines plus sexe hard.

JMB— Et les Européennes ?
CC— Un mélange, l'Anglaise n'est pas la Française et la Suédoise n'est pas l'Espagnole ou l'Italienne, la Latine.

JMB— Et donc vos meilleurs souvenirs ?
CC—Je l'ai dis, les Asiatiques et les indiennes, mais c'est celles qui correspondent le plus à ma personnalité en tant qu'amant, c'est personnel, ce n'est pas national ni universel...

JMB—Pas blasé d'avoir tenu autant de femmes dans vos bras ?

CC—Disons que ça m'a appris à regarder à la personnalité de la femme avant de regarder son sexe ou ses fesses ! Parce qu'au fond, une femme c'est une femme et je n'en ai jamais vu avec 3 seins ou avec le sexe en biais ou ayant une forme différente que chez toutes les autres. Je suis un peu comme les hommes gynécologues ... (rire) il nous faut plus que le sexe pour le sexe.

JMB— Vous avez eu plusieurs enfants, que les mères vous ont empêché de connaître, par égoïsme. Vous en avez revu ?
CC— Non aucun, mais je ne pense pas que c'était de l'égoïsme sur le moment, pour une part oui, mais pour une autre c'était un mal-être, et puis j'étais quand même fort immature pour les premiers.

JMB— Vous auriez aimé les revoir ?
CC— Oui certes, même si c'est trop tard, trop de temps passé, elles sont adultes maintenant et certainement mariées et n'ont peu probablement entendu parler de moi.Je suis certainement de nombreuses fois grand père... (rire)

JMB—Votre livre verra-t-il une adaptation cinématographique ou télévisuelle ? Y avez-vous déjà pensé ?
CC—Sur la fin, parfois, lorsque je faisais les corrections, en effet, qui sait ? Ça me plairait, assez oui j'avoue... (rire)

JMB—Avec qui dans votre rôle ?
CC— Ha ça, bonne question... surtout pour l'enfance et l'adolescence.

JMB—Que pensez-vous apporter de nouveau à la Littérature actuelle ?
CC—J’ai juste fait un livre. C’est tout. Il faut être Hugo ou Pagnol pour apporter du neuf.

JMB— Vous rêvez d'un prix ?
CC—Aujourd'hui il y a beaucoup trop de gens qui écrivent. C'est une bonne chose, mais pour sortir du lot maintenant, c'est plus une question de relations que de talent ! Surtout avec les grandes maisons d'édition citées plus haut. Eux maitrisent les médias niveau littérature et on ne verra certainement jamais un auteur du libre, un livre en compte d'auteur obtenir le Goncourt ou le Renaudot, voir un prix similaire, ce serait une révolution dans le monde de l'édition.Vous ne verrez jamais PPDA présenter un auteur du libre dans son émission littéraire, à moins d'un miracle, alors imaginez les autres journalistes littéraires...

JMB—Votre prochain roman… A quand sa date de sortie, et qu’en est il du thème cette fois-ci ?
CC—Je travaille à la correction de 3 autres, mais vous dire lequel sortira le premier, je ne sais pas encore, j'hésite. Pour la fin de l'année j'aimerai assez.
Quant au thème, il y a une pièce de théâtre comique,. Un receuil de poèmes, une cinquantaine. Un roman historique. Ou peut être mon livre sur le Darfour.


JMB— Pourquoi écrivez-vous ?
CC— Pour survivre, parce que c'est mon oxygène, ma passion, ma vie.

JMB— Quand écrivez-vous ?
CC—Le plus souvent possible, c'est un besoin comme de respirer, boire, manger ou dormir.
        Le plus souvent la nuit.


JMB— Merci Claude Cotard et beaucoup de succès à l'"Inaccessible étoile ".
CC— C'est moi qui vous remercie.

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Commentaires (3)

Jean - François
  • 1. Jean - François | 23/10/2008

J'ai eu l'occasion d'entendre votre interview à l'époque et ça m'a donné envie de vous lire.
Je ne le regrette pas parce que votre histoire est passionnante et on ne lâche pas le livre d'un bout à l'autre.
En tout cas pour votre vie, je dis "Respect "!
J'ai commandé les suivant, plusieurs sujets sur lesquels vous avez écrit m'intéresse, notamment sur le Darfour.
Comme vous dites, dommage que des gens tels que vous ne passent pas dans les émissions de télé.
En tout cas merci et toutes mes félicitations.

Claude
  • 2. Claude | 26/04/2008

Merci, mais tu sais déjà où le trouver, en espérant pouvoir te le dédicacer un jour ...
Bisous à toi.

Petite Fée Véronique
  • 3. Petite Fée Véronique | 26/04/2008

Une interview qui donne envie de lire ton livre... et de découvrir l'homme derrière l'écrivain...

Bisoussssssssssssss

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